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L'arbre têtard, un patrimoine collectif

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Gentiana, en partenariat avec le conseil général de l'Isère, travaille depuis 2009  sur l'inventaire des arbres têtards. Cet inventaire alimente un plan de conservation et de restauration de ce patrimoine naturel.

Plus de 3000 arbres ont été recensés. A vous de jouer !

 

 

 

arbre tetard, trogne, gentiana

Qu'est-ce qu'un arbre têtard ?

Les arbres taillés en têtard présentent une morphologie particulière du fait de l’entretien qu'ils ont connu au fil des ans. Leur tronc, plus ou moins tortueux, supporte une « tête » présentant de nombreux renflements. Cette partie de l’arbre s’est formée à la suite d’une taille répétée, créant ainsi des bourrelets cicatriciels et donnant un aspect très caractéristique à ces arbres.
De nombreuses essences d’arbres peuvent être conduites en têtard. En Isère, les plus fréquentes sont les saules, les frênes, les peupliers et aussi les mûriers.

Patrimoine naturel

Au fur et à mesure de la croissance et de la taille des arbres têtards, des cavités plus ou moins importantes s’ouvrent au cœur du tronc. Ces abris naturels sont occupés par de nombreuses espèces d’oiseaux et d’insectes s'y installant pour les conditions particulières que ces cavités procurent.
Outre leurs qualités de gîte et de source de nourriture, les trognes jouent d'autres rôles écologiques en retenant les berges des cours d'eau, limitant les crues, protégeant les cultures des vents, etc.

Patrimoine culturel

Ces arbres sont les témoins de pratiques agricoles ancestrales. Ils produisent la matière première pour la vannerie, des liens flexibles pour l'agriculture (lier les fagots, attacher la vigne et les fruitiers,...), du fourrage, du bois de chauffage. De plus ils étaient largement utilisés pour marquer le bornage des parcelles agricoles ainsi que pour la sériciculture, afin de nourrir les vers à soie.
Enfin ce sont aujourd'hui des éléments remarquables de nos paysages qui participent à l'identité culturelle de nos territoires.

 

Quelles sont ses utilisations ?

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Les arbres têtards étaient autrefois utilisés pour de nombreux travaux agricoles dans les campagnes.
Les branches fines et flexibles des saules servaient à attacher la vigne au début du printemps lors des opérations de relevage des plants et au cours de la croissance des tiges.
Ainsi, de nombreux saules têtards sont plantés en bout de champ pour avoir une réserve de liens facilement accessible.
Les paysans utilisaient le saule osier comme lien, notamment pour lier les fagots de petits bois ou les sarments destinés à alimenter le four à pain ou pour attacher les arbres fruitiers à leurs tuteurs.

La vannerie

Mais la grande utilisation du saule osier reste pour la fabrication de paniers, corbeilles et gerles utilisés au quotidien au jardin, dans les champs et dans les vignes. La plantation d’osiers à proximité des bâtiments témoigne de cette utilisation.
Il y a 50 ans, chaque famille vivant à la campagne et pratiquant une agriculture familiale possédait un ou plusieurs osiers. Ils étaient indispensables aux travaux les plus courants. Aujourd’hui, la vannerie est une pratique en perdition et le nombre de personnes détenant encore ce savoir-faire en France a énormément régressé en 50 ans.

La production de fourrage

De nombreuses pratiques conduisant à la formation des arbres têtards se sont perdues au fils des ans. Autrefois, les tiges de l’année de ces arbres servaient à la production de fourrage.

Chaque année à l’automne, les rameaux feuillés étaient engrangés pour fournir une part non négligeable du fourrage hivernal. Les paysans isérois appelaient cela « fabriquer la feuille ».

Dans le Trièves et la Matheysine, plusieurs frênes têtards sont encore entretenus. Autrefois, ils étaient coupés régulièrement et les feuilles étaient données au bétail. Les rameaux étaient mis en fagots et ceux-ci servaient à allumer les fours à pain.

La sériciculture

Dans le Nord-Isère, la présence de mûriers blancs témoigne d’une activité ancienne liée à la sériciculture (élevage du ver à soie), fortement présente au 19ème siècle en France.
Les mûriers étaient plantés par centaines sur de grandes propriétés pour fournir aux vers à soie une nourriture suffisante. La proximité de la ville de Lyon et de son importante activité de tissage a fortement contribué au développement de la sériciculture en Isère et donc de la plantation de mûriers.

Le devenir des arbres têtards


Aujourd’hui, les arbres têtards ne sont quasiment plus utilisés, à part quelques saules pour faire des liens. La plupart de ces arbres ne sont plus entretenus et leur état sanitaire se dégrade.

Certaines personnes continuent cependant à les tailler tous les 4-5 ans, « par habitude ». Cette pratique est bénéfique car elle permet aux arbres d’éviter de se fendre du fait d’un houppier devenu trop lourd par manque d’entretien. Certains de ces arbres ont plus de 100 ans et il convient de les entretenir régulièrement pour leur garantir un état sanitaire satisfaisant.
 

                                                                                                                 

Une coupe dite "récente" aura été réalisée il y a moins de 5 ans, sinon on parlera de coupe "ancienne" (entre 5 et 10 ans). Au-delà de 10 ans sans entretien, on considèrera que l’arbre est "non-entretenu", et ses branches peuvent alors facilement dépasser les 15cm de diamètres.

  


La répartition des arbres têtards en Isère

Le département de l'Isère a été découpé en 15 disticts dits "naturels" du fait qu'ils se distinguent par leurs caractéristiques physiques (substrat, roche, climat) et biologique (espèces présentent). Voici la répartition des arbres têtards dans les districts de l'Isère.

 

 

Les saules sont une espèce majoritaire en Isère, que l'on retrouve principalement dans les régions humides type marais, ou au bord des cours d'eau. Ils se situent donc pour la plus part dans et autour de  la région du Grésivaudan, qui est une plaine alluviale.

On distingue nettement  le grand nombre de mûrier dans le Nord-Isère, utilisés pour la sericiculture.

 

 

Pour en savoir plus...

"les arbres têtards"

par l'association GENTIANA

guide arbre tetard gentiana

... pour en apprendre davantage sur la place de ces arbres dans notre patrimoine ainsi que sur les pratiques à leur appliquer tout au long du cycle de vie de l’arbre : plantation, création, entretien et restauration

le télécharger gratuitement

" Les trognes, l’arbre paysan aux mille usages"

par Dominique MANSION, écrivain et illustrateur naturaliste
 
  

... raconte l’histoire de ces arbres hors du commun. Il rassemble une somme d’informations et de documents inédits : témoignages, citations d’écrivains, dessins, tableaux, photos, cartes postales... ainsi qu’un dictionnaire des noms de trognes, un inventaire des espèces vivant dans ces arbres, la liste des essences concernées...

 

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